Le tournant décisif de l’eau : cinq défis liés aux infrastructures hydrauliques auxquels sont confrontées les municipalités canadiennes

Publié le 26 février 2026

Les municipalités canadiennes sont confrontées à cinq défis simultanés et sans précédent qui ont fondamentalement changé leur mode de fonctionnement : (1) des infrastructures vieillissantes nécessitant des milliards d’investissements pour être rénovées, (2) le changement climatique provoquant des phénomènes météorologiques extrêmes et des perturbations opérationnelles, (3) des réglementations de plus en plus complexes et en constante évolution, (4) des progrès technologiques rapides nécessitant des connaissances spécialisées et (5) un taux de départ à la retraite croissant parmi les travailleurs expérimentés, créant des lacunes en matière de connaissances. Ces forces convergent simultanément, compliquant l’exploitation et la gestion des réseaux municipaux d’approvisionnement en eau. Les villes s’adaptent en faisant appel à des conseillers externes spécialisés qui apportent une expertise ciblée dans plusieurs domaines, de l’adaptation au changement climatique et la gestion des actifs à la cybersécurité et la planification de la main-d’œuvre, plutôt que d’essayer de développer toutes les compétences en interne. Ce changement représente une évolution pratique en ce qui concerne les défis et les solutions liés aux infrastructures municipales d’approvisionnement en eau au Canada pour le XXIe siècle.

 

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Il y a vingt ans, la gestion des réseaux municipaux d’eau et d’assainissement était relativement simple. Partout au Canada, les municipalités ont embauché des ingénieurs pour concevoir des canalisations, des opérateurs pour faire fonctionner les stations d’épuration et des comptables pour suivre le budget. Le travail était technique, mais les défis étaient prévisibles.

Aujourd’hui, cela a changé.

Les villes du Canada sont confrontées à une convergence de défis qui auraient semblé impossibles à relever il y a une génération.

  • Des infrastructures vieillissantes qui nécessitent des milliards de dollars de réparations ou de remplacements
  • Le changement climatique entraînant une augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes
  • Des questions nouvelles et émergentes qui ont conduit ou conduiront à de nouvelles réglementations
  • Une technologie qui progresse à un rythme sans précédent
  • Un tsunami d’argent se produit avec des travailleurs expérimentés qui partent à la retraite alors que le secteur peine à attirer de nouveaux talents.

Il ne s’agit pas de problèmes distincts que les municipalités peuvent traiter un par un. Ils se produisent tous en même temps, créant un niveau de complexité qui met à l’épreuve toutes les villes du pays.

Les anciennes méthodes ne fonctionnent plus de la même manière. Ce n’est pas que les municipalités manquent de personnes compétentes : elles disposent d’un personnel dévoué et qualifié qui travaille dur chaque jour. La difficulté réside dans le fait que le travail lui-même a fondamentalement changé. Ce qui change, c’est la manière dont les villes réagissent lorsque les problèmes exigent une expertise qu’aucune organisation ne peut à elle seule posséder dans tous les domaines.

 

Premier défi : les infrastructures municipales canadiennes à bout de souffle

Les infrastructures sous les rues canadiennes ont été construites pour une autre époque. De nombreux systèmes ont été installés il y a 50 à 100 ans, à une époque où les villes étaient plus petites et les besoins moins importants. Ces systèmes atteignent aujourd’hui leurs limites et montrent des signes de vieillissement.

Les villes ont besoin de milliards d’investissements pour se renouveler, ne serait-ce que pour maintenir les niveaux de service actuels. Chaque année de retard rend le problème plus difficile à résoudre et les réparations plus coûteuses. Mais ce qui différencie cette situation d’un simple retard dans l’entretien, c’est que les municipalités doivent désormais prendre des décisions qui auront une incidence sur la prestation des services pour les 50 à 100 prochaines années.

Ce type de planification nécessite une analyse sophistiquée :

  1. Modélisation de scénarios pour différents niveaux d’investissement
  2. Évaluation des risques pour des milliers d’actifs
  3. Participation des parties prenantes aux décisions multigénérationnelles
  4. Analyse du coût du cycle de vie pour les options de remplacement
  5. Des prévisions financières qui concilient renouvellement, croissance et accessibilité financière

Lorsqu’une canalisation importante se rompt, la réaction immédiate est de la réparer. Mais décider quelles canalisations remplacer avant qu’elles ne se rompent, comment hiérarchiser des milliers d’actifs avec des budgets limités et comment équilibrer le renouvellement et la croissance : ces décisions nécessitent une expertise spécialisée qui va au-delà des opérations quotidiennes.

Les municipalités réagissent en travaillant avec des conseillers spécialisés dans la gestion des actifs et la planification à long terme des infrastructures. Ces experts aident les villes à élaborer des cadres conformes aux normes internationales, à réaliser des évaluations complètes de l’état des infrastructures et à mettre en œuvre un processus décisionnel fondé sur les risques qui optimise les budgets d’investissement limités.

 

Deuxième défi : le changement climatique réécrit les règles

Les systèmes d’approvisionnement en eau ont été conçus en fonction des conditions météorologiques historiques : Pluies moyennes, saisons prévisibles, températures stables. Cette stabilité est en train de changer.

Le changement climatique n’est pas une menace future; il remodèle les opérations dès aujourd’hui. Les inondations de 2013 à Calgary ont causé entre 5 et 6 milliards de dollars de dommages. En Colombie-Britannique, les inondations de 2021 ont endommagé des stations d’épuration, coupé des autoroutes et privé des milliers de personnes d’eau potable.

Les municipalités doivent désormais se préparer à faire face à des conditions qu’elles n’avaient jamais eu à envisager auparavant :

  1. Des tempêtes violentes plus fréquentes
  2. Des périodes de sécheresse prolongées
  3. L’intrusion d’eau salée côtière dans les réseaux d’eau douce
  4. Le dégel du pergélisol affectant les infrastructures souterraines dans le Nord
  5. Une plus grande variabilité du débit des rivières et de la disponibilité en eau

Le défi va au-delà de la réaction à des événements individuels. Les villes ont besoin de stratégies d’adaptation à long terme qui tiennent compte des projections climatiques, évaluent les options et intègrent les considérations climatiques dans toutes les décisions importantes. Cela nécessite des connaissances spécialisées qui combinent la science du climat, l’ingénierie, l’évaluation des risques et la planification financière.

La plupart des municipalités ne disposent pas de spécialistes de l’adaptation au changement climatique parmi leur personnel. Lorsqu’une ville doit décider d’agrandir ses égouts pluviaux, de déplacer ses stations d’épuration ou d’investir dans des infrastructures vertes, elle a besoin d’une expertise hautement spécialisée et en constante évolution.

Les villes travaillent de plus en plus avec des conseillers en climat qui les aident à évaluer les vulnérabilités, à élaborer des stratégies d’adaptation et à intégrer la résilience climatique dans la planification à long terme. Ces spécialistes apportent leur expérience dans de nombreuses juridictions et ont accès à des outils de modélisation climatique qui aident les municipalités à prendre des décisions éclairées sur les infrastructures qui seront utilisées par les communautés pendant des décennies.

 

 

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Troisième défi : des réglementations en constante évolution

L’environnement réglementaire pour l’eau et les eaux usées est devenu beaucoup plus complexe. Les réglementations provinciales et territoriales varient considérablement et la législation environnementale continue d’évoluer pour traiter des questions telles que les microplastiques et les SPFA.

Il est de plus en plus difficile de s’adapter à l’évolution des exigences :

  • la Loi sur la salubrité de l’eau potable de l’Ontario exige des plans opérationnels détaillés
  • les permis de rejet dans l’environnement doivent faire l’objet de demandes techniques de plus en plus détaillées
  • les permis de prélèvement d’eau font l’objet d’un examen de plus en plus minutieux alors que des demandes concurrentes pèsent sur l’approvisionnement

Pour les municipalités, cela crée des demandes permanentes. Le personnel embauché pour faire fonctionner les stations d’épuration consacre désormais beaucoup de temps à la documentation, à la production de rapports et à la gestion de la conformité. Lorsque la réglementation change, ce qui arrive régulièrement, les villes doivent rapidement comprendre les nouvelles exigences et adapter leurs opérations en conséquence.

Les enjeux sont considérables : les mesures d’application et les sanctions, les considérations de santé publique, les préoccupations liées à la réputation et les défis liés aux permis d’exploitation nécessitent tous une attention particulière.

 

Quatrième défi : une technologie qui progresse à un rythme sans précédent

La transformation numérique remodèle la façon dont les villes gèrent les réseaux d’eau. Le paysage technologique continue de s’élargir pour inclure des systèmes de contrôle et d’acquisition de données (SCADA) pour la surveillance en temps réel, des infrastructures de comptage avancées (AMI), des systèmes d’information géographique (SIG), des logiciels de gestion des actifs, des portails clients, des outils de cybersécurité et des plateformes d’analyse de données.

Chaque technologie offre des avantages : meilleure efficacité, réduction des coûts, amélioration du service. Mais leur sélection, leur mise en œuvre et leur maintenance nécessitent également une certaine expertise. Le marché des fournisseurs est saturé. L’intégration entre les systèmes peut s’avérer compliquée. Et les conséquences des décisions technologiques peuvent avoir des répercussions sur les opérations pendant des décennies.

La cybersécurité est devenue une préoccupation majeure. Les réseaux d’approvisionnement en eau sont des infrastructures critiques et ils sont de plus en plus connectés à des réseaux qui doivent être protégés. Les municipalités doivent se prémunir contre des menaces en constante évolution, mais rares sont celles qui emploient des spécialistes en cybersécurité qui maîtrisent à la fois la sécurité informatique et les opérations liées à l’eau.

La gestion des données représente une autre opportunité et un autre défi. Les systèmes modernes génèrent d’énormes quantités de données, mais la transformation de ces données en informations utiles nécessite :

  1. Des cadres de gouvernance qui définissent la propriété et les normes relatives aux données
  2. Des programmes de qualité qui garantissent l’exactitude et la fiabilité
  3. Des capacités d’analyse qui transforment les données en informations exploitables
  4. Une formation et un développement continus du personnel

Le paysage technologique évolue rapidement. Même les grandes villes dotées d’importants services informatiques ont du mal à rester à la pointe dans tous les domaines. Les petites municipalités sont confrontées à des défis supplémentaires : elles ont besoin de systèmes modernes pour rester efficaces, mais la prise de décisions technologiques nécessite une expertise spécialisée.

Les villes ont de plus en plus besoin de conseillers en technologie qui les aident à élaborer des stratégies numériques, à évaluer les solutions et à gérer les processus d’approvisionnement. Ces conseillers apportent un point de vue neutre et une connaissance du marché qui aident les municipalités à faire des choix technologiques éclairés et à mettre en œuvre des systèmes de manière efficace.

 

Cinquième défi : la transition de la main-d’œuvre

Partout au Canada, des travailleurs expérimentés du secteur de l’approvisionnement en eau prennent leur retraite. Ce sont des opérateurs qui gèrent des stations d’épuration depuis 30 ans, des ingénieurs qui connaissent l’historique de chaque composant majeur du système et des responsables qui ont noué des relations avec les autorités réglementaires et les communautés au fil des décennies.

Les municipalités travaillent d’arrache-pied pour gérer cette transition des connaissances. Le secteur de l’eau connaît ce que certains appellent un « tsunami d’argent », une vague importante de départs à la retraite qui entraîne une transition de la main-d’œuvre dans tout le pays.

Attirer et retenir les professionnels du secteur de l’eau est un véritable défi :

  • les nouveaux opérateurs doivent obtenir des certifications qui nécessitent plusieurs années d’études
  • la formation à des systèmes de plus en plus complexes nécessite des investissements importants
  • l’acquisition du jugement qui découle de l’expérience prend du temps
  • les municipalités se disputent les talents sur un marché du travail concurrentiel

Le défi va au-delà du recrutement. Les villes se concentrent sur :

  1. La planification de la relève pour les postes clés
  2. Des programmes de transfert de connaissances qui permettent de conserver l’expertise
  3. Des stratégies de formation pour les technologies et les pratiques en constante évolution
  4. Des programmes de recrutement et de fidélisation qui attirent les talents

La planification de la main-d’œuvre est devenue de plus en plus stratégique. De nombreuses municipalités travaillent avec des conseillers en organisation qui les aident à élaborer des plans de main-d’œuvre, à concevoir des programmes de transfert des connaissances et à créer des stratégies de recrutement. Ces spécialistes apportent leur expérience en matière de gestion du changement et de développement organisationnel, ce qui aide les villes à gérer les transitions de main-d’œuvre tout en maintenant la continuité opérationnelle.

 

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Quand tout arrive en même temps

Ce qui rend ce moment particulièrement difficile, c’est que ces cinq forces ne se succèdent pas, elles exercent toutes une pression simultanée sur les municipalités.

Pensez à ce qu’une ville type doit gérer. Elles planifient le renouvellement des infrastructures qui doit tenir compte de l’adaptation au changement climatique. Elles répondent à des exigences de rejet en constante évolution avec des stations d’épuration vieillissantes, tout en gérant les transitions de main-d’œuvre. Elles explorent de nouvelles sources d’approvisionnement en eau tout en menant des consultations auprès des communautés autochtones, des évaluations environnementales et des consultations publiques. Elles mettent en œuvre de nouvelles technologies tout en assurant la cybersécurité et en gérant les budgets. Et elles forment de nouveaux employés à des systèmes en constante évolution.

La complexité a atteint un point tel que même les villes bien gérées et dotées d’un personnel compétent reconnaissent tirer profit d’une expertise spécialisée dans plusieurs domaines. Les connaissances requises sont diverses. Le rythme des changements est rapide. Les décisions ont des répercussions considérables.

Il ne s’agit pas d’un manque de compétence des municipalités. C’est plutôt que le travail lui-même est devenu plus spécialisé et complexe, au point qu’aucune organisation ne peut maîtriser tous les domaines.

 

Comment les villes canadiennes s’adaptent

Partout au Canada, les municipalités font évoluer leur approche face à ces défis. Plutôt que d’essayer de développer toutes les compétences en interne, elles travaillent de plus en plus avec des conseillers spécialisés qui apportent une expertise ciblée, des perspectives nouvelles et une expérience dans plusieurs domaines.

Ce changement représente une évolution pratique dans le fonctionnement des villes. Il y a vingt ans, les municipalités s’appuyaient principalement sur des consultants en ingénierie pour la conception et la construction. Le paysage actuel du conseil est plus diversifié et englobe la planification stratégique et l’adaptation au changement climatique, la modélisation financière et les études tarifaires, l’aide à la conformité réglementaire, le développement organisationnel et la planification des effectifs, la transformation numérique et la cybersécurité, ainsi que l’élaboration de programmes de gestion des actifs.

La relation de conseil a évolué, passant de projets ponctuels à des partenariats continus. Les principales municipalités considèrent désormais les conseillers comme des extensions de leurs équipes et font appel à eux pour un accompagnement continu plutôt que pour des missions isolées.

Le Programme de traitement des eaux usées de Winnipeg montre comment les partenariats stratégiques peuvent aider les villes à moderniser leurs infrastructures essentielles tout en améliorant leur performance environnementale et en gérant leurs coûts à long terme. Grâce à une approche collaborative qui maintient la propriété publique et le contrôle opérationnel, Winnipeg mène à bien un projet de modernisation de plus de 3 milliards de dollars de ses trois stations de traitement des eaux usées vieillissantes, notamment la transformation de l’usine de traitement des eaux usées de North End, classée parmi les 50 principaux projets liés à l’Eau au Canada en 2024. Le programme utilise des modèles financiers transparents, une gestion partagée des risques et l’accès à une expertise spécialisée pour réaliser des projets d’investissement majeurs tout en maintenant les opérations courantes et en renforçant les capacités internes.

Le modèle de Winnipeg montre que les municipalités qui exploitent stratégiquement l’expertise externe tout en renforçant leurs capacités internes obtiennent d’excellents résultats et gèrent efficacement la complexité.

 

La valeur de l’expertise stratégique

Les municipalités qui travaillent avec des conseillers spécialisés bénéficient de plusieurs avantages :

  1. Accès à des connaissances spécialisées - Les conseillers apportent une expertise approfondie dans des domaines spécifiques qu’il serait impossible pour une seule ville de maintenir en interne.
  2. Expérience dans différentes juridictions - Ils ont vu ce qui fonctionne bien dans plusieurs villes et apportent des méthodologies éprouvées et des enseignements tirés de leur expérience.
  3. Perspectives indépendantes - Les conseillers externes peuvent apporter des points de vue nouveaux et faciliter les discussions difficiles, ce qui favorise une meilleure prise de décision.
  4. Augmentation des capacités - Ils fournissent des capacités supplémentaires pour les initiatives majeures sans augmentation permanente du personnel.
  5. Gestion des risques - Leur expertise aide les villes à prendre des décisions éclairées sur des questions complexes

Les services de conseil financier aident les villes à élaborer des modèles de financement durables et à prendre des décisions tarifaires qui concilient le recouvrement intégral des coûts et l’accessibilité financière. Les conseillers en gestion d’actifs guident les municipalités à travers des programmes complets qui optimisent les investissements dans les infrastructures. Les spécialistes du climat soutiennent la planification de l’adaptation. Les conseillers en technologie aident à naviguer dans la transformation numérique. Les experts en réglementation soutiennent la conformité dans des environnements complexes.

Il s’agit là de réponses pratiques à des défis véritablement nouveaux. Lorsque les décisions en matière d’infrastructures ont des répercussions sur 100 ans, lorsque les projections climatiques nécessitent une interprétation spécialisée, lorsque les réglementations couvrent plusieurs juridictions, lorsque la technologie évolue rapidement et lorsque les connaissances de la main-d’œuvre sont en pleine transition, il est judicieux de faire appel à une expertise ciblée.

 

 

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Une voie à suivre

Les municipalités canadiennes se trouvent à un moment charnière. La convergence des défis liés aux infrastructures, au climat, à la réglementation, à la technologie et à la main-d’œuvre devrait se poursuivre. La complexité pourrait bien continuer d’augmenter.

Les villes ont la possibilité de faire évoluer leur approche :

  1. Reconnaître que la gestion moderne des réseaux d’approvisionnement en eau bénéficie d’une expertise spécialisée dans plusieurs domaines
  2. Considérer les conseillers externes comme des partenaires stratégiques qui complètent et renforcent les capacités internes
  3. Établir des relations de conseil continues plutôt que de s’appuyer uniquement sur des engagements liés à des projets
  4. Investir à la fois dans l’expertise externe et dans le renforcement des capacités internes
  5. Partager les connaissances et les bonnes pratiques entre les municipalités

Les municipalités qui prospéreront dans cet environnement sont celles qui tirent stratégiquement parti de l’expertise externe tout en continuant à développer leurs capacités internes. Elles considèrent les conseillers non pas comme des substituts à leur personnel, mais comme des partenaires qui apportent des connaissances spécialisées qui renforcent les capacités organisationnelles.

Cette approche tient compte de la réalité : la gestion des réseaux d’approvisionnement en eau modernes est devenue plus complexe, plus spécialisée et a des implications à long terme plus importantes. Aucune organisation ne peut à elle seule avoir une expertise de pointe dans tous les domaines, qu’il s’agisse des sciences climatiques, de la cybersécurité, de la conformité réglementaire ou du développement de la main-d’œuvre.

Les cinq défis qui redéfinissent la façon dont les municipalités canadiennes gèrent leurs réseaux d’eau ne sont pas des perturbations temporaires. Ils reflètent la nature évolutive du travail. La manière dont les villes réagissent, qu’elles adaptent leur approche ou qu’elles essaient de tout gérer en interne, influencera les communautés qui bénéficieront d’un service d’approvisionnement en eau fiable et abordable dans les décennies à venir.

La question n’est pas de savoir si les municipalités bénéficient d’une expertise spécialisée pour faire face à cette complexité. Il s’agit plutôt de savoir comment elles accéderont à cette expertise pour servir efficacement leurs communautés et mettre en place des systèmes capables de relever tous les défis à venir.

 

Principaux points à retenir :

  1. Le métier a fondamentalement changé - La gestion des réseaux d’eau ne se résume plus à des opérations techniques; elle nécessite désormais des compétences dans des domaines tels que la climatologie, la modélisation financière, la conformité réglementaire, la transformation numérique et le développement organisationnel.
  2. Les cinq défis se posent simultanément - Les villes ne peuvent pas relever ces défis de manière séquentielle; les décisions en matière d’infrastructure doivent tenir compte de l’adaptation au changement climatique tout en respectant les réglementations en constante évolution, dans un contexte de transition de la main-d’œuvre et de modernisation technologique.
  3. Les décisions en matière d’infrastructures ont des répercussions sur 50 à 100 ans - Avec des milliards nécessaires pour le renouvellement, les municipalités doivent prendre des décisions complexes à long terme en utilisant l’évaluation des risques, l’analyse du cycle de vie et la modélisation de scénarios.
  4. Le changement climatique est une réalité opérationnelle et non une menace future - Des événements tels que les inondations de Calgary en 2013 (5 à 6 milliards de dollars de dommages) et celles de la Colombie-Britannique en 2021 montrent que les villes doivent se préparer à des conditions qui sortent des schémas historiques.
  5. Les partenariats stratégiques constituent le nouveau modèle opérationnel - Les principales municipalités considèrent désormais les conseillers spécialisés comme des partenaires permanents plutôt que comme des consultants ponctuels, reconnaissant qu’aucune organisation ne peut à elle seule maintenir une expertise de pointe dans tous les domaines.
  6. Les enjeux touchent directement les résidents - La manière dont les villes gèrent cette complexité détermine l’accessibilité de l’eau, la fiabilité des services, la performance des infrastructures, la capacité de croissance des communautés et les résultats environnementaux.
  7. Pour réussir, il faut à la fois une expertise externe et des capacités internes - L’approche la plus efficace combine un soutien consultatif spécialisé avec un développement continu des capacités internes, non pas en remplaçant le personnel, mais en renforçant les capacités organisationnelles.
Découvrez comment nous avons aidé la Ville de Winnipeg à moderniser ses usines de traitement des eaux usées vieillissantes.
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